Pourquoi des nouvelles religions?

Les nouvelles religions sont le produit de l’activité culturelle normale d’un peuple dans une société libre (J. Gordon Melton), des déclinaisons possibles de nouvelles formes religieuses dans le cadre général de la désinstitutionalisation et de la recomposition religieuse (Danièle Hervieu-Léger). Nous sommes en présence de solutions théologiques adaptées à un nouveau contexte, qui permettent à un individu de mener sa quête d’identité.

Au Québec, toutes les facettes de la société ont connu des transformations importantes depuis la fin des années 1940. La population s’est diversifiée, on compte maintenant deux fois plus d’immigrants d’origine asiatique qu’en 1960. Les individus sont plus scolarisés, le taux de fréquentation de l’université pour les 20-29 ans a doublé pendant la même période. Nous sommes collectivement plus riches, le PIB a doublé tout comme le revenu personnel réel et l’épargne. Cet enrichissement s’est accompagné d’une augmentation du temps libre et d’un développement marqué de la vie associative. De plus en plus les maisons sont équipées d’appareils technologiques tels un téléviseur, un ordinateur... Le citoyen québécois a vu son environnement et son style de vie se transformer. Vivant dans un univers plus complexe et plus diversifié, l’individu est devenu en quelques décennies un consommateur à géométrie variable, plus averti, plus pragmatique, moins fidèle et plus versatile : un chasseur-cueilleur de l’ultra modernité.

L’espace religieux s’est aussi transformé, on voit circuler maintenant des biens symboliques adaptés à la culture de masse. Le marché religieux, suite à la disparition des monopoles religieux, s’est fragmenté et spécialisé. L’univers des croyances a éclaté, on assiste à la recomposition et à la reconfiguration des contenus et des trajectoires de sens. Le « religieusement correct » est devenu une spiritualité privée, sans cadre institutionnel, destiné à un épanouissement personnel et validé par une expérience intime qui libère l’humain de ses limites. L’individu est devenu son propre sauveur : on est passé du « Christ en croix » au « Christ en moi », le salut est devenu séculier et mondain, ici et maintenant. Paradoxalement, l’individu moderne recherche un contact direct avec l’Ultime, il utilise des techniques qui lui font vivre une émotion « transcendantale » plaçant le corps au centre de cette démarche.

Même si la majorité des gens composent eux-mêmes leur univers religieux, il existe encore un nombre relativement important (±20%) de personnes qui veulent inscrire leur quête de sens dans un cadre religieux. Rappelons que nous retrouvons moins de 2% de la population dans les groupes que nous identifions comme des nouvelles religions. Les nouvelles religions deviennent alors des institutions qui regroupent un petit nombre d’explorateurs religieux qui se sont engagés volontairement dans une quête spirituelle qui transforme leur vie. Cet engagement est ce que nous nommons une « conversion ». La conversion est une resocialisation de l’acteur social qui réorganise son identité de façon plus ou moins radicale. La conversion à une nouvelle religion s’inscrit à notre avis dans cette quête d’identité contemporaine, elle est un cheminement identitaire.

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